Extraits :
   Une lecture de Claude Wauthier
   Michèle Rakotoson : Le Bain des reliques
   Sylvain Bemba : Leopolis
   Une lecture de Bernard Magnier
 

 

 

Une lecture de Claude Wauthier

Journaliste à L'A. F. P. Chargé de cours au CGPJ. Président de l'Association pour l'étude des littératures africaines. Auteur de : l'Afrique des Africains : inventaire de la négritude (1964), les 50 Afriques (en coll. 1979).

- Francis BEBEY - Cameroun

Il occupe une place à part dans la littérature africaine : d'abord peut-être parce qu'il est aussi un musicien de grand talent, doublé d'un musicologue averti comme en témoigne son ouvrage Musique de l'Afrique. Mais surtout parce qu'il possède un sens de l'humour, discret et efficace (que l'on retrouve d'ailleurs dans ses chansons) aussi éloigné de la virulence vengeresse des romans politiquement engagés que de la charge facile des comédies de moeurs.

- Calixthe BEYALA - Cameroun

Une romancière de la jeune génération, féministe avec fougue, qui fustige les "fesses coutumières", entendez les femmes africaines qui acceptent la soumission imposée par la tradition. Son talent, c'est de savoir se moquer du monde et d'elle-même au moment le plus pathétique de son récit.

- Tierno MONENEMBO - Guinée

Un écrivain qui a su à merveille se renouveler : le ton et le style ont considérablement changé entre Les crapauds-brousse, roman cruel écrit en exil et publié en 1979, qui dénonce la dictature de Sékou Touré, et la farce quasi- allégorique que jouent les africains immigrés en France, sujet de son dernier roman, Un rêve utile paru en 1991.

- Michèle RAKOTOSON - Madagascar  Extrait

Romancière, dramaturge, elle sait dire sans emphase les choses de la vie, la violence comme la tendresse. La distance qu'elle prend par rapport à son récit lui confère une sorte d'équanimité qui n'exclut pourtant ni l'indignation contenue ni la sensualité.

- Sony Labou TANSI - Congo

Son imagination débordante lui a inspiré des romans échevelés, comme l'immense fresque ubuesque de La vie et demie. Ses réquisitoires contre les dictateurs africains - un thème fréquent dans son oeuvre - prennent le plus souvent l'allure d'un conte fantastique. Car, pour lui comme pour Breton, Césaire et Garcia Marquez, le surréalisme est une arme miraculeuse.

- Mongo BETI -Cameroun

Un des prestigieux anciens de la littérature africaine, dont les premiers romans datent d'avant l'indépendance. Il y cinglait de son ironie dévastatrice les préjugés des colons et des missionnaires. Il est devenu moins sarcastique avec l'âge, mais reste un écrivain engagé.

- Jean-Baptiste TATI-LOUTARD -Congo

Un poète bachelardien qui a fait une longue carrière ministérielle, en charge de la culture, sans se mêler de politique politicienne. Les arbres et les fleuves, les astres et la mer sont au centre de sa poésie, qui n'oublie pas pour autant la femme.

- Sylvain BEMBA -Congo Extrait

Pétri de culture, il a le bon goût de ne pas l'étaler dans son oeuvre abondante : roman, théâtre, essai sur la musique congolaise. Journaliste, haut fonctionnaire, il a connu toutes les vicissitudes de la vie politique de son pays. Une sorte de feinte naïveté prête à ses récits une saveur particulière.

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Le bain des reliques

Le bain des reliques. Ce roman raconte l'histoire d'un cinéaste malgache, Ranja, qui part en province filmer une cérémonie coutumière. Il y trouvera l'amour et la mort. Dès les premières pages, le spectacle de la misère, que ce soit dans la capitale, ou en brousse, sert de toile de fond à l'aventure de Ranja.

Il faisait gris sur Antananarivo ce jour-là, de ce gris lourd, oppressant, des heures qui précèdent la pluie. Dehors, la ville semblait s'être figée dans un va-et-vient incessant de voitures. Peu de discussions, peu de voix, pas de rires, d'appels. Les moteurs, et, derrière les moteurs, le silence. Antananarivo s'était enfoncée dans une chape.

Crise économique, disait-on. Crise économique, la déliquescence ? Crise économique, ce pourrissement insidieux qui, peu à peu, gagnait tout le pays ?

Ranja avança la main vers le paquet de cigarettes. Puis arrêta son geste. Où en trouver d'autres ensuite, ce paquet épuisé ? Il étouffa un soupir, passa la main dans ses cheveux et se cala dans sa chaise. Depuis qu'il était rentré au pays, il se traînait lamentablement, ne pouvait supporter ce climat de révolte larvée, de suspicion permanente et de colère rentrée. Mais il ne pouvait pas travailler non plus. Pris au piège. Dans la corbeille à papier posée à côté de lui, un gros cafard gigotait, un cafard énorme, tout mou, d'une espèce dont seule Antananarivo pouvait regorger.

- Les cafards pourront échapper à une catastrophe nucléaire, dit-on.

A une catastrophe nucléaire, peut-être pas, mais à la politique d'assainissement du régime, sûrement. Ranja se surprit à sourire. Ce cafard-ci était particulièrement reluisant et gros.
« Le sous-préfet aux champs. »

Il eut envie de ricaner, puis se détourna, l'insecte lui, continuait à gigoter. Il allait se décider à l'écraser, quand, au fond du couloir, une porte grinça. S'ouvrant sur l'odeur d'urine habituelle ! Les WC étaient encore bouchés ! Comme d'habitude.

Antananarivo ! Il en avait rêvé autrefois !

- Quand nous rentrerons au pays, avait-il dit un jour, en des temps lointains, à Noro.

Rentrer au pays ! Énormité ! Il réprima un sourire... Il était étudiant alors, étudiant et naïf. Il lui fallait émouvoir Noro, le pays fut un prétexte, un prétexte auquel il croyait. Un comble ! Le sourire fut remplacé par une grimace. Depuis quelque temps, une crampe à l'estomac le tenaillait. Un ulcère, probablement. A son âge... !

Le cafard était reparti dignement. Trouvant un trou pour s'échapper. Digne comme ce reportage que lui, Ranja, devait fournir pour la notoriété de ce régime et de son Éminent...

Il alluma une cigarette, et pensa à Noro.

- Calme-toi, Ranja, calme-toi. Tu va encore te faire des ennemis, aurait-elle dit.

Noro qui n'avait que des amis, Noro si douce, si... D'un haussement d'épaules, il effaça l'image qu'il eut d'elle brusquement : Noro sortant du temple, marchant lentement, les yeux à terre, se préparant à aller déjeuner chez ses parents le dimanche. Lui, Ranja, n'avait jamais pu se faire à Antananarivo, aux femmes enfermées dans leur carcan de dignité.

Dignité...!

Il se leva pour aller chercher un magnétoscope... Hors d'usage ! Les caméras, elles, marinaient de manière euphorique dans un bain de poussière. Il ravala son réflexe de rage. Après tout, que fallait-il de plus pour raconter l'inauguration des fermes productrices de vaches laitières, et que dire sur les déplacements des ministres et autres directeurs à Farafaty (1) et Ankadinamboa (2) ? Ce pays-ci s'était enfoncé, paisiblement, calmement, dans la misère et dans l'horreur. De temps en temps, des manifestations témoignaient d'un désir de survie, des massacres ponctuaient les temps forts, puis tout se calmait. Les Malgaches retournaient à leur état d'hébétude. Comateux, hagards. Et la télévision était elle aussi malgache, sans avenir et sans projet. Quel film y tourner ?

Le cafard s'approchait de lui, maintenant, et vint même gigoter à ses pieds. Il lui fallut un quart de seconde pour en faire une bouillie immonde.

Et brusquement, le calme vint en lui, comme une vague, comme la mer, comme le vent.

Et brusquement, vint à lui un cantique, qui furent des mots, de la musique, un rythme sur ses lèvres, au bord du souffle.

- Plus près de toi...

Dans le temple de son enfance, le pasteur n'élevait jamais la voix, ne faisait pas d'effet de manches. Il se mettait debout devant l'autel, tout habillé de noir. Cela suffisait pour une éducation. A chaque velléité de révolte, Ranja se souvenait du pasteur, et sa mémoire se mettait à chanter : « Plus près de toi, mon Dieu ! »

Calviniste ! Le summun ! Et lui qui s'était rêvé cinéaste, artiste. Il s'était cru du génie, et végétait. Il releva ses manches de chemise où déjà s'étalait une belle tache. Il l'avait pourtant changée ce matin. Noro allait encore se montrer exaspérée, Noro qui jouait les bourgeoises en arrondissant ses fins de mois comme conseillère en bijouterie. Et lui, que faisait-il là ? Il se cala dans son fauteuil, regarda autour de lui, chercha un autre stylo et finit par se mettre à la fenêtre. Il n'y avait pas si longtemps encore, il arrivait à rêver de plans, d'acteurs à diriger, d'images à créer. Et maintenant, à Antananarivo...

Un souvenir précis lui vint, qu'il refoula : la petite jeune fille qu'il avait sortie avait eu l'haleine fétide. Comme ce bureau, d'ailleurs. Il se vit dans la glace : cheveux ternes, oeil glauque. Déjà ! Dans dix ans, il serait toujours là, alcool frelaté, panse gélatineuse, Noro grossie et aigrie : le cauchemar !

Il se dirigea vers la salle des machines et visionna un film : « Au nom du gouvernement révolutionnaire et de... » Il coupa le son, il connaissait la suite.

Un coup de téléphone le fit sursauter. Au bout du fil, la voix fut plate, obséquieuse :

- Pourrais-je parler à Monsieur Ranja Rakotomalala, s'il vous plaît ?

Il eut envie de raccrocher, mais l'autre continuait :

- Je suis le prince Kandreho. Je voudrais vous rencontrer pour des raisons personnelles, mais aussi pour vous faire part d'un projet.

Un projet ? Prince Kandreho ? En pleine République révolutionnaire démocratique malgache ? Kandreho ?... C'était sûrement un type qui allait lui proposer un marché sulfureux et lui demander de l'argent. Il allait interrompre sèchement la conversation quand l'autre se fit pressant :

- Dans quelques mois, nous allons célébrer le bain des reliques royales. Le Fanompoa.

Fanompoa ! Ranja eut un moment d'hésitation. Et de peur aussi.

Michèle Rakotoson Le Bain des reliques Éd. Karthala,

(1) Farafaty: « le dernier endroit où mourir ».
(2) Ankadinamboa : « le trou du chien ».

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Leopolis

Dans Leopolis, ce livre est dédié à la mémoire de Patrice Lumumba, Premier Ministre de l'ex-Congo belge et figure révérée du nationalisme africain, mort assassiné. Bemba a inventé un personnage dont le destin recoupe celui de Lumumba, Fabrice M'Pfum. De retour d'un voyage aux États-Unis, Fabrice est arrêté à sa descente d'avion à Leopolis, la capitale de son pays, par un commando de mercenaires européens.

 

Il garderait une bonne impression de sa courte escale à Las Palmas où il avait été accueilli avec tous les honneurs dus à son rang. Il n'avait plus qu'une pensée qui éclipsait ses précédentes alarmes : « Je sens que je vais faire de grandes choses en rentrant au pays ; il n'est pas d'obstacle qui puisse m'arrêter désormais, pas de montagne que je ne puisse escalader. » Dans l'avion, il ne tarda pas à s'endormir. Lorsqu'il se réveilla, le panneau lumineux venait de s'allumer. Sa secrétaire n'était plus à ses côtés. Il ne s'en inquiéta pas sur le coup, la croyant aux toilettes. C'est une stewardesse qui lui apprit que sa collaboratrice n'était pas remontée dans l'appareil, à Las Palmas. La nouvelle l'assomma. Il enregistra distraitement un changement de régime dans les moteurs du D.C.6. On amorçait la descente vers sa capitale. Il rectifia le noeud de sa cravate. En se tâtant, il constata que son talisman n'était plus sur lui. L'avion opéra un large virage pour contourner la montagne qui surplombe la ville. Fabrice M'PFum reconquit lentement son humeur combative : « Dès que le redressement économique deviendra une réalité, songea-t-il, je ferai venir de grands architectes de l'étranger. Les colonisateurs du Wallabia ne reconnaîtront pas dans dix ans la ville déguenillée qu'ils nous ont léguée, avec ses hideux monuments en stuc, ses lions en plâtre. »

Vu d'en haut, Leopolis s'allongeait languissamment sur un terrain inégal. On distinguait l'unique boulevard rectiligne qui coupait la ville en deux, le « haut Polis" habité par la colonie européenne, et le bas par les originaires du pays. A l'instant où le visage de Xoxo lui traversait l'esprit, il vit la piste d'atterrissage qui montait vers l'avion. Celui-ci couina en se posant, et se mit à rouler en tanguant légèrement comme quelqu'un qui, ayant les jambes ankylosées, sautille sur place pour retrouver sa souplesse. Par le hublot, le premier ministre reçut confirmation de ce qu'il pressentait. Sur place, un groupe de militaires blancs, mais aucune présence des Forces armées du Wallabia. Aucune présence bruyante de cette population qui savait lui réserver en des occasions comme celle-ci un accueil magnifique. Plusieurs questions se pressaient dans son esprit lorsqu'il s'engagea, comme si de rien n'était, sur la passerelle que deux employés africains venaient d'amener. Personne, en bas, qui ressemblât de près ou de loin au maire de Leopolis, ceint de son écharpe flavescente. Pas de charmantes fillettes pour le fleurir, comme au début de l'année, à son retour d'Accra. Pas de tapis rouge. Il marcha droit devant lui, d'un pas égal. Au lieu de lui rendre les honneurs, les militaires se refermèrent sur lui en tenaille. Deux officiers, le regard narquois, la lippe avantageuse, l'interpellèrent grossièrement. Impavide, il se croisa les bras et regarda l'horizon. « Je n'ai plus rien devant moi, plus rien derrière. Je crois que c'est la fin, mais il me faut avouer que je ne l'attendais pas si tôt. Quel dommage que Nella ensevelie là-haut ne soit pas à mes côtés. Elle me mettait toujours en garde contre sa collègue, et c'est elle qui avait raison. "Le peuple est l'eau, me disait-elle en citant les paroles d'un sage de l'Antiquité, et le dirigeant le bateau ; l'eau peut porter le bateau, mais elle peut aussi le faire couler." Mon peuple m'aurait porté aussi longtemps que je serais apparu comme le plus farouche défenseur de ses intérêts. S'il y a un usurpateur, c'est celui d'entre nous deux qui, bénéficiant de soutiens à l'extérieur, a pu se hisser à la magistrature suprême après de soi-disant tractations à l'africaine. C'est dans notre pays, en nous-mêmes et par nous-mêmes que doit être trouvée la table des valeurs nouvelles permettant de situer le dévouement à la cause du peuple. La phalange glorieuse de nos héros morts avec des chaînes afin de faire tomber les nôtres nous commande de n'avoir qu'un seul but, la fidélité au peuple pour l'aider à bâtir son bonheur."

Les officiers s'attendaient à tout sauf à une telle harangue qui paraissait ne plus devoir s'arrêter, et l'homme qui croyait parler pour lui-même ne semblait pas se rendre compte que les clairons de sa gorge éclataient à la place du chant souterrain de son ventre. Il ne cherchait à produire aucun effet particulier car il était ici entouré d'ennemis farouches et non porté, comme d'habitude, par une foule enthousiaste, complice et chaleureuse. Il parlait toujours et nous l'écoutions bouche bée, le doigt engourdi sur la gâchette de nos armes, et lui continuait sans nous jeter un seul regard tandis que glissaient sur nos uniformes comme pluie sur le plummage d'un canard les paroles de cet homme dont nous reconnaissions à présent le portrait qui était l'un des plus diffusés dans la presse ces derniers mois, ce qui explique qu'à notre espèce de fascination se mêlait également une grande part de curiosité ; et, comme les bonnes choses ont toujours une fin y compris cette putain d'éloquence qu'il nous déversait dans l'oreille, quelqu'un rompit finalement le charme. En un clin d'oeil, le premier ministre fut débarrassé de sa veste, de sa cravate et de sa ceinture, on vous le balança dans une jeep et il perdit ses lunettes au cours de ce vol plané, sans rien perdre, pourtant, de sa superbe malgré les coups qui pleuvaient.

"Une photo ! Une photo", cria-t-on ; on vous le fit asseoir tant bien que mal, et, comme ses yeux jetaient encore les feux de la résistance, on se mit à plusieurs pour tirer à grands coups sa tignasse en arrière afin de lui donner, sur les instantanés qui feraient le tour du monde par bélinogramme, l'image d'une bête traquée, vaincue, capturée, et cette photo devait provoquer un coup de colère aux Etats-Unis sous forme d'une explosion raciale qui ne s'éteignit qu'après quarante-huit heures d'émeutes, tandis que plusieurs capitales européennes connaissaient simultanément de violentes manifestations d'étudiants, toutes races confondues.

A bord de la jeep, Fabrice M'PFum se débattait toujours avec l'énergie du désespoir. Un coup de crosse bien appliqué l'étendit sans connaissance.

Sylvain Bemba
Léopolis
Ed. Hatier, coll. du Monde noir, poche
Paris, 1984

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Une lecture de Bernard Magnier

Journaliste, auteur de : l'Afrique noire en poésie, Gallimard/Folio (1984) ; il a réuni un recueil de nouvelles : Paris-Dakar, autres nouvelles, paru aux Ed. Souffles (1987) ; il collabore à diverses revues.

- Amadou HAMPÂTE BÂ

Né en 1901 au Mali. Formation traditionnelle et école française dès l'âge de onze ans.
En 1931, il devient l'interprète du gouverneur français. En 1951, il vient pour un an d'études en France, grâce à une bourse de l'UNESCO. En 1958, il fonde l'Institut des sciences humaines du Mali avant d'entamer à partir de 1962 une carrière diplomatique en Côte d'Ivoire et à l'UNESCO.
De 1971 jusqu'à sa mort survenue en 1991, Hampate Bâ s'est consacré exclusivement à son oeuvre qui comprend de nombreux travaux sur la tradition orale. Dans le registre de la fiction, il convient de signaler son roman L'étrange destin de Wangrin (1974) et son récit autobiographique posthume, Amkoullel l'enfant peul qui ont reçu un accueil enthousiaste de la critique.

- Cheikh HAMIDOU KANE - Sénégal

Né en 1928 au pays musulman des Dialobés. École française. A étudié le Peul, le Français, le Coran et la Bible. Études de philosophie à Paris. A écrit une seule oeuvre : L'aventure ambigüe.

- Yambo OUOLOGUEM

Né en 1940 à Bandiagara (Mali). A fait ses études à Bamako, puis au lycée Henri IV à Paris. Licencié en lettres, docteur en sociologie. A enseigné en France quelques années. A reçu le Prix Renaudot en 1968 pour : Le devoir de violence. Est également l'auteur d'un essai : Lettre à la France nègre paru aux Éd. Nalis.

- Ahmadou KOUROUMA

Né en Guinée en 1927, Ahmadou Kourouma a été confié dès l'âge de sept ans à son oncle maternel, infirmier à Boundiali, en Côte d'Ivoire. Après ses études primaires, Kourouma est envoyé à l'École supérieure de Bamako. Il en sera exclu en 1940, en raison de ses activités syndicales et politiques.
Considéré par les autorités comme un « meneur », le futur romancier est enrôlé de force dans les troupes coloniales. Forte tête, il refuse de participer à la répression des manifestations organisées par le R.D.A. dans le nord de la Côte-d'Ivoire. Expédié par mesure de représailles en Indochine, il y sera le témoin de l'agonie de l'un des derniers bastions de l'empire colonial français. Après vingt ans de silence, il publiera en 1990 son second roman, Monné, Outrages et défis.

- Gérald TCHICAYA U'TAMSI

Né à Mpoli au Congo, en 1931. Fils de Jean-Félix Tchicaya, député du Moyen-Congo sous la IVème République, il passe son enfance à Pointe-Noire avant de rejoindre le lycée d'Orléans, puis Paris. Il publie ses premiers recueils : Le mauvais sang en 1955 et Feu de brousse en 1957, année où il devient journaliste à l'ORTF. Il publie son troisième recueil Epitomé, en 1962. Il est mort le 22 avril 1988 dans l'Oise.

- Williams SASSINE

Né en Guinée. Présence Africaine a publié en 1973 son premier roman, Saint Monsieur Baly, puis Wirriyamu (1976), le Jeune homme de sable (1979) et dans la collection Jeunesse, L'alphabête, (1982).

 

- Sony LABOU TANSI

Né à Brazzaville au Congo en 1947, est aujourd'hui considéré comme l'un des écrivains les plus doués de sa génération.
Ce romancier fécond - cinq romans en neuf ans, dont La Vie et demie, 1979, L'Antépeuple, 1983, Les Yeux du volcan, 1988, se double d'un dramaturge infatigable. Directeur et metteur en scène de la troupe du Rocado Zulu Théâtre, qui s'est produite à maintes reprises au festival des francophonies de Limoges, Sony Labou Tansi est également l'auteur de plusieurs pièces représentées avec succès au cours d'une série de tournées en Europe et aux Etats-Unis : La Parenthèse de sang (1981) . Je, soussigné cardiaque (1981), Antoine m'a vendu son destin (1986), Qui a mangé Madame D'Avoine Bergotha ? (1989).

- Noël EBONY

Né à Tanokoffikro (Côte-dIvoire) en 1944. Sa mort survenue en 1986 interrompt une carrière prometteuse de poète et de journaliste. Il a laissé un seul recueil : D.E.J.A. V.U., et quelques poèmes publiés dans des revues.
Poèmes d'une inquiétante étrangeté qui destructurent la langue, Ebony chante la mémoire des naufrages anonymes dans une Afrique ruinée par l'esclavage et toutes sortes d'oppression.

- Simon NJAMI

Né en 1962 à Lausanne, de parents camerounais. Il a publié chez Gallimard : Les Enfants de la cité (1987), Les Clandestins (1989), chez Seghers : African Gigolo (1989), et une biographie James Baldwin : le devoir de violence (1991). Il est directeur de "La Revue Noire".

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